Jacquelin en bronze, Pantani dans le cœur : l’hommage bouleversant du biathlète français à Anterselva
L’image restera comme l’une des plus fortes des Jeux. Troisième de la poursuite de biathlon aux Jeux de Milano-Cortina 2026, Emilien Jacquelin a célébré sa médaille de bronze d’une manière unique, en rendant un hommage poignant à Marco Pantani, légende éternelle du cyclisme italien.
Vingt-deux ans et un jour après la disparition du « Pirate », son esprit semblait planer sur l’aire d’arrivée d’Anterselva. Au moment de franchir la ligne, Jacquelin a porté son doigt à l’oreille pour désigner le célèbre anneau, cadeau de mamma Tonina, symbole de courage, de résistance et d’audace. Un geste simple, mais chargé d’une émotion immense, qui a immédiatement marqué les esprits.
Déjà lors du sprint de 10 km, le Français avait offert une scène saisissante. À l’attaque, en pleine montée, il avait retiré lunettes et bandana avant d’accélérer, reproduisant exactement les gestes mythiques de Pantani lorsqu’il lançait ses offensives solitaires en haute montagne. Une attitude instinctive, presque viscérale, qui a trouvé son prolongement sur le podium olympique.
Ce bronze a une saveur particulière pour Jacquelin. Passé tout près du podium lors de la première épreuve, il a su trouver l’énergie mentale et physique pour renverser la situation dans la poursuite. Et c’est vers son idole qu’il s’est tourné dans l’instant de la délivrance, transformant une médaille olympique en moment de transmission sportive et humaine.
Quelques jours plus tôt, le biathlète français avait déjà exprimé son admiration profonde pour Pantani sur les réseaux sociaux. Il y racontait comment le champion italien avait éveillé en lui l’amour du sport, des attaques audacieuses et des remontées spectaculaires, depuis l’enfance et la découverte du Tour de France 1998. Plus qu’un palmarès, Pantani représentait pour lui une manière de vivre le sport : oser, vibrer et faire vibrer.
À Anterselva, sous les yeux du monde, Emilien Jacquelin n’a pas seulement remporté une médaille olympique. Il a rappelé que le sport se nourrit aussi de mémoire, d’émotions et d’héritage. Et que certaines légendes, même disparues, continuent de franchir les lignes d’arrivée.
