Cyclisme – Visma change de méthode : cap sur la zone 2 et la technologie pour rivaliser avec UAE


Année charnière pour Team Visma | Lease a Bike. Après plusieurs saisons au sommet du WorldTour, la formation néerlandaise entre dans une phase de transition. Objectif : rester dans l’élite face à la montée en puissance de UAE Team Emirates.

Au cœur de cette évolution : un changement profond des méthodes d’entraînement.

Fin d’une ère VO2Max ?

Longtemps, Visma a privilégié un modèle basé sur le travail intensif du VO2Max : efforts courts, répétés, explosivité maximale et accumulation de stimuli à haute intensité. Une approche exigeante, parfois jugée rigide par d’anciens coureurs.

Le départ de l’entraîneur historique Tim Heemskerk, figure clé de la préparation de Jonas Vingegaard, symbolise cette transition.

Désormais, l’équipe semble s’orienter davantage vers un travail en zone 2 (VT1), à l’image de ce que pratique UAE autour de Tadej Pogacar : endurance prolongée, intensité modérée, amélioration de la résistance à la fatigue.

La révolution Tymewear

Le déclencheur de ce virage ? L’introduction de capteurs respiratoires Tymewear.

Placés dans le dos des coureurs, ces dispositifs mesurent en temps réel l’expansion thoracique, la fréquence et la profondeur respiratoire. Résultat : une évaluation beaucoup plus précise de la charge métabolique que les simples données de fréquence cardiaque.

Selon Mathieu Heijboer, responsable performance de Visma, ces données ont été « une véritable percée ». Elles permettent d’identifier précisément les seuils ventilatoires (VT1 et VT2), directement liés aux seuils lactiques, piliers de la performance en endurance.

Autrement dit : mieux comprendre quand le corps bascule d’un effort durable à un effort coûteux.

Combler le retard sur UAE ?

Certains observateurs estiment que l’absence d’un suivi précis du VT1 aurait pénalisé Visma face à UAE ces dernières saisons, notamment en termes de durabilité sur les longues courses par étapes.

Avec ces nouveaux outils, les entraîneurs analysent désormais les données respiratoires après chaque séance et encouragent les coureurs à les consulter en direct pour mieux gérer leurs efforts.

La philosophie évolue : moins de pics explosifs, plus de capacité à encaisser la fatigue sur la durée.

Technologie vs talent

Dans un cyclisme moderne dominé par les gains marginaux, chaque donnée compte. Mais la technologie ne remplace pas le talent brut.

Visma cherche également un nouveau sponsor pour renforcer ses moyens financiers et rester compétitif sur le marché des transferts. Car si l’approche scientifique évolue, la profondeur d’effectif reste un facteur clé face à l’armada d’UAE.

La bataille ne se joue plus seulement dans les cols, mais aussi dans les laboratoires… et désormais dans la respiration.