Biathlon : Johan-Olav Botn en or pour ses premiers Jeux, une victoire chargée d’émotion à Milan-Cortina


Pour ses débuts olympiques, Johan-Olav Botn a frappé un immense coup. Le Norvégien a réalisé un sans-faute au tir pour décrocher la médaille d’or du 20 km individuel masculin lors des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, mardi, au terme d’une course aussi exigeante que bouleversante sur le plan émotionnel.

Dans le format le plus redoutable du biathlon, Botn a dominé la concurrence avec sang-froid et précision, confirmant la capacité de la Norvège à rester au sommet malgré le retrait de Johannes Thingnes Bø.

Perrot en argent, Laegreid complète le podium

Leader du classement général de la Coupe du monde, le Français Éric Perrot, lui aussi novice aux Jeux, a manqué une cible et termine à 14,8 secondes du vainqueur, décrochant une superbe médaille d’argent. Son coéquipier norvégien Sturla Holm Laegreid complète le podium, à 48,3 secondes, également avec une faute au tir.

Il s’agit du septième titre olympique norvégien dans l’épreuve individuelle masculine, et de la première médaille olympique individuelle pour Laegreid.

Une victoire dédiée à un ami disparu

À l’arrivée, Johan-Olav Botn a levé les yeux vers le ciel. Un geste fort, en hommage à son ancien coéquipier Sivert Guttorm Bakken, retrouvé mort en décembre dernier dans un hôtel de Lavazè, en Italie.

« Le dernier tour a été très émotionnel. J’avais l’impression de courir avec lui. J’espère qu’il regardait et qu’il est fier de ce que j’ai fait », a confié Botn, visiblement bouleversé.

Une victoire qui dépasse le simple cadre sportif.

Des émotions fortes sur le podium

De son côté, Éric Perrot n’a exprimé aucun regret :

« C’était une journée folle, un combat fou. J’ai tout donné. Johan était simplement plus fort aujourd’hui. »

Sturla Holm Laegreid, en larmes après la course, a avoué traverser une situation personnelle compliquée. Longtemps en tête, il a reconnu avoir craqué sous la pression :

« J’ai voulu assurer, mais en biathlon on ne peut pas être défensif. Heureusement, j’ai su renverser la situation sur le dernier tir. »

Une course impitoyable en altitude

Disputée sous un ciel couvert à la Südtirol Arena, perchée à 1 600 mètres d’altitude, l’épreuve individuelle impose une difficulté maximale :
20 km
5 boucles de 4 km
4 passages au tir (2 couchés, 2 debout)
Une minute de pénalité par balle manquée, au lieu d’un tour de pénalité

Un format où la moindre erreur se paie cash.

Les favoris piégés, le public au rendez-vous

L’Italien Tommaso Giacomel, n°2 mondial, termine 6e après trois fautes. Le champion olympique sortant Quentin Fillon Maillet a manqué quatre cibles et finit 8e, à près de trois minutes. Les deux Français avaient remporté ensemble l’or en relais mixte quelques jours plus tôt.

Très applaudi, l’Américain Campbell Wright a préféré garder le sourire malgré une course difficile (27e) :

« Les jambes n’étaient pas là, mais je voulais profiter. J’essaierai encore dans deux jours. »

La Norvège réussit sa transition post-Bø

Privée de Johannes Thingnes Bø, retraité l’an dernier après un palmarès monumental (4 ors et 1 bronze olympiques), la Norvège prouve qu’elle a su se reconstruire.

« Nous avons fait du bon travail, mais on peut toujours faire mieux », a résumé Botn.

Le sélectionneur Siegfried Mazet a lui aussi souligné la dimension humaine :

« Johannes nous manque surtout comme personne. Mais nous avons confiance en cette nouvelle génération. »

La compétition se poursuit dès mercredi avec l’épreuve individuelle féminine, très attendue.