Eugenie Bouchard : « Après Wimbledon 2014, ma vie est devenue chaotique »


Finaliste à Wimbledon à seulement 20 ans, Eugenie Bouchard a connu une ascension fulgurante… suivie d’une période de turbulence rarement évoquée à l’époque.

Révélée au grand public lors de sa finale à Wimbledon en 2014, la Canadienne est propulsée dans une nouvelle dimension médiatique. Battue par Petra Kvitova, elle atteint néanmoins le rang de n°5 mondiale et devient l’un des visages les plus bankables du circuit WTA.

Mais derrière la lumière, la pression est immense. « Avant, gagner était incroyable et perdre normal. Après, gagner était attendu, perdre devenait une catastrophe », confie-t-elle. Chaque tournoi sans finale était perçu comme un échec.

En 2015, la spirale devient plus difficile à gérer. À une époque où la santé mentale reste taboue dans le sport professionnel, Bouchard traverse une période sombre sans oser en parler publiquement. « Même admettre voir un thérapeute paraissait étrange », explique-t-elle aujourd’hui.

Sous le poids des attentes et du regard constant du public, la Montréalaise vit une phase qu’elle qualifie de « rebelle ». Une coupe undercut radicale, adoptée en 2016, symbolise ce besoin d’affirmation personnelle. Un choix esthétique qui aurait même coûté un partenariat majeur, une marque estimant que son image ne correspondait plus à ses standards.

Classée un temps athlète la plus marketable du monde par SportsPro, omniprésente dans les médias et jusque dans le célèbre numéro maillots de bain de Sports Illustrated, Bouchard a souvent été réduite à son image. Une étiquette qu’elle conteste fermement : « Il y a tellement plus que ce que l’on voit sur Instagram. »

Retirée du circuit WTA en 2024 après 16 ans de carrière, elle s’est tournée vers le pickleball professionnel, tout en conservant une communauté massive sur les réseaux sociaux.

Son témoignage éclaire les coulisses d’une ascension trop rapide et d’une pression devenue écrasante. Derrière l’icône médiatique, une sportive confrontée très tôt aux exigences du très haut niveau.