Irlande – Italie : l’Azzurra n’a jamais été aussi proche de faire tomber Dublin


Un passé qui n’annonçait pourtant pas une telle domination irlandaise

Avant même l’entrée de l’Italie dans le Tournoi des Six Nations en 2000, la Squadra Azzurra avait déjà montré qu’elle pouvait rivaliser avec l’Irlande. Les deux nations se sont affrontées pour la première fois en 1988 et les Italiens avaient remporté trois de leurs quatre premières confrontations, dont deux victoires marquantes en 1997, à domicile et à l’extérieur. Cette dynamique, renforcée par des succès face à la France et à l’Écosse, avait contribué à convaincre les instances d’intégrer l’Italie dans un Tournoi alors élargi à six équipes. À l’époque, le format à cinq laissait régulièrement une sélection au repos chaque week-end, et l’Italie ne pouvait plus être ignorée après une courte défaite amicale au pays de Galles en 1998.

Une intégration compliquée au plus haut niveau

Les débuts dans le Tournoi furent pourtant contrastés. Emmenée par Diego Dominguez, l’Italie frappait fort en battant l’Écosse, championne en titre, lors de son premier match en 2000. Mais il fallut ensuite attendre 2003 pour voir une nouvelle victoire, face au pays de Galles. Dès lors, la confrontation avec l’Irlande est devenue l’un des rendez-vous les plus déséquilibrés du Tournoi. Depuis leur intégration, les Italiens ne se sont imposés qu’une seule fois face au XV du Trèfle en Six Nations, en 2013 à Rome, face à une Irlande en fin de cycle sous Declan Kidney.

Dublin, symbole des années noires italiennes

Au total, Irlandais et Italiens se sont affrontés à 26 reprises dans le Tournoi, mais aussi lors de deux Coupes du monde, cinq matches de préparation et un test automnal à Chicago en 2016. À Dublin, le constat est sévère pour l’Italie. De 2016 à 2024, les Azzurri ont subi de lourdes défaites à Lansdowne Road, encaissant des scores fleuves qui ont accompagné une série historique de 36 défaites consécutives. Ces déplacements donnaient souvent l’impression d’une équipe venue sans réelle conviction, déjà tournée vers des rencontres jugées plus abordables face à l’Écosse ou au pays de Galles.

Le tournant Gonzalo Quesada

Depuis l’arrivée de Gonzalo Quesada à la tête de la sélection en 2024, le visage de l’Italie a profondément changé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur leurs huit derniers déplacements dans le Tournoi, les Italiens ont remporté deux victoires et concédé un nul, soit autant de résultats positifs que lors de leurs 57 précédents matches à l’extérieur. La progression est visible dans tous les secteurs, notamment en mêlée et en touche, longtemps considérés comme des points faibles face aux nations majeures.

Une confiance renforcée malgré des absences

La victoire arrachée contre l’Écosse la semaine passée a confirmé cette montée en puissance. Même privés d’Ange Capuozzo, blessé, et de Juan Ignacio Brex pour raisons personnelles, les Italiens affichent une solidité collective et une agressivité retrouvée. Leur capacité à rivaliser physiquement, notamment dans les phases de conquête, leur permet désormais de rester dans les matches et d’y croire jusqu’au bout.

Une Irlande sous pression

En face, l’Irlande n’aborde pas cette rencontre dans les conditions idéales. Les hommes d’Andy Farrell restent sur deux lourdes défaites contre l’Afrique du Sud et la France, une situation inhabituelle pour une sélection habituée à dominer le Tournoi. Malgré cela, les bookmakers accordent encore seize points d’avance aux Irlandais, un écart qui reflète davantage l’histoire récente que la dynamique actuelle.

Des précédents qui incitent à la prudence

L’histoire rappelle que l’Italie a déjà frôlé l’exploit à plusieurs reprises. En 2007, lors d’un match de préparation à la Coupe du monde à Belfast, l’Irlande avait dû s’en remettre à un essai controversé de Ronan O’Gara pour s’imposer 23-20. En 2008, à Croke Park, le XV du Trèfle avait péniblement battu l’Italie 16-11 devant plus de 75 000 spectateurs. En 2011 à Rome, un drop de dernière minute d’O’Gara avait encore sauvé l’Irlande d’un faux pas. Plus récemment, en 2025, l’Italie avait poussé l’Irlande dans ses retranchements jusqu’aux dernières minutes avant de s’incliner 22-17, laissant un sentiment d’occasion manquée.

Un match qui pourrait marquer un tournant

Cette fois, l’Italie ne se déplace plus en victime annoncée. Consciente de ses progrès et portée par une confiance nouvelle, elle sait que l’Irlande traverse une phase plus fragile. « Leur mêlée et leur touche défensive ont été impressionnantes », reconnaissait récemment Jack Conan, soulignant le défi qui attend le XV du Trèfle. Si l’histoire reste largement favorable aux Irlandais, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce rendez-vous l’un des plus dangereux pour l’Irlande depuis l’entrée de l’Italie dans le Tournoi.

Rendez vous ce samedi 14 février 2026 à 15h10.