MotoGP – Sepang : Toprak Razgatlioglu progresse mais bute encore sur la barre des 1’57
Pour ses premiers pas en MotoGP, Toprak Razgatlioglu continue son apprentissage accéléré. Lors des essais officiels de Sepang, la recrue star de Yamaha et champion du monde WorldSBK en titre a frôlé son objectif personnel : passer sous la barre des 1’57 au tour.
Il devra encore patienter.
Un chrono encourageant malgré tout
Après une interruption du test Yamaha lors de la deuxième journée en raison d’un souci technique, le Turc est revenu en piste pour signer un meilleur tour en 1’58.326 lors de la dernière journée.
Un temps très proche de celui de son coéquipier chez Pramac, Jack Miller, mais encore à :
-
0’’746 de la meilleure Yamaha, celle d’Alex Rins
-
1’’924 du leader absolu, Alex Márquez (Gresini Ducati)
Un écart logique pour un rookie découvrant à la fois la catégorie, la Yamaha V4 et les pneus Michelin.
Miller, précieux repère
Razgatlioglu a profité de plusieurs tours dans la roue de Jack Miller pour analyser son approche :
« Jack m’a beaucoup aidé aujourd’hui. Je l’ai suivi pour comprendre comment aborder certains virages qui restent compliqués pour moi. »
Le constat est clair :
-
Très fort au freinage
-
Encore en difficulté dans les longs virages
« Au freinage, je suis fort, je peux freiner très tard et arrêter la moto parfaitement. Mais dans les longs virages, je ne comprends pas encore… Jack est très fort dans ces sections. »
Le vrai défi : le pneu arrière Michelin
Le principal obstacle reste l’adaptation aux pneus MotoGP, en particulier à l’arrière Michelin.
Habitué aux Pirelli en WorldSBK, Toprak doit changer radicalement son approche :
« Avec le Pirelli, quand ça glisse, on peut gérer. Mais avec le Michelin, quand ça commence à patiner… ça ne s’arrête plus. »
Là où il exploitait le pneu arrière pour faire pivoter la moto et accélérer fort en Superbike, la MotoGP exige une approche plus douce :
« Il faut rouler comme en Moto2, ouvrir les gaz très progressivement. Mon équipe me dit toujours : ‘sois fluide’. C’est facile à dire ! »
Cette transition technique représente un changement profond dans son ADN de pilotage.
Des ajustements techniques en cours
Parmi les essais réalisés : un guidon plus haut.
« Oui, je roule comme sur une moto de tourisme maintenant ! » plaisante-t-il.
Cette modification l’aide au freinage mais lui coûte un peu en vitesse de pointe et en entrée de courbe. Un compromis que l’équipe continue d’évaluer.
Razgatlioglu estime également qu’un réglage de suspension différent pourrait améliorer la maniabilité et le grip en courbe.
Prochain rendez-vous : Buriram
Le dernier test avant ses débuts officiels en Grand Prix aura lieu à Buriram (Thaïlande) les 21 et 22 février.
D’ici là, l’objectif est clair :
-
Mieux comprendre le pneu arrière
-
Gagner en fluidité
-
Se rapprocher durablement des 1’57
Le potentiel est là. Le freinage reste une arme redoutable.
Mais pour briller en MotoGP, Toprak devra transformer son style spectaculaire de Superbike en une précision chirurgicale version prototype.
L’apprentissage continue.
